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« La Belgique connaît une évolution similaire à celle de Taïwan. »

Peter De Keyzer : « Il y a à peine cinq ans, Taïwan était perçu comme une démocratie insulaire dotée d’une petite économie ouverte, axée sur l’exportation de haute technologie et proche de la Chine. Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui considèrent le pays comme une “nouvelle colonie chinoise”. En peu de temps, la réalité taïwanaise a radicalement changé.

En Belgique et en Europe, nous vivons une transition similaire marquée par des événements rapides et profonds. Comme l’a si bien dit Lénine, “il y a des décennies où rien ne se passe, et il y a des semaines où des décennies se produisent”. Je n’admire pas cet homme, mais il a parfaitement saisi la situation. Nous sommes clairement dans cette deuxième phase. Début 2020, nous naviguions encore dans des eaux calmes. Puis, nous nous sommes brusquement retrouvés au cœur d’une pandémie et le monde s’est arrêté. S’en est suivie une récession mondiale. Deux ans plus tard, la Russie a envahi l’Ukraine, déclenchant une guerre aux portes de l’Europe. Les prix de l’énergie ont grimpé en flèche. Nous avons connu l’inflation la plus forte et l’augmentation des taux d’intérêt la plus rapide des quarante dernières années. Pour couronner le tout, un conflit d’envergure a éclaté au Moyen-Orient. Tout cela en l’espace de quatre ans. Nous vivons un changement d’époque. Il y aura un avant et un après 2020. Ce bouleversement laissera des traces durables et mettra à l’épreuve notre capacité d’adaptation. »

 

« L’économie occidentale ralentit tandis que l’économie américaine prospère. »

Peter De Keyzer : « Croissances économique et démographique sont étroitement liées. À long terme, une économie évolue proportionnellement à sa population. Le nombre de nouveaux travailleurs et leur dévouement sont des facteurs déterminants.

Alors que la population diminue en Chine, en Inde et en Europe, elle continue d’augmenter aux États-Unis, stimulant une croissance économique près de quatre fois supérieure à celle de l’Europe l’année dernière. Cette prospérité américaine découle de plusieurs éléments, notamment de la migration et d’un taux de natalité plus élevé. Mais d’autres raisons sont également à souligner.

Prenons la fameuse loi sur la réduction de l’inflation. Sous ce nom se cachent en réalité des subventions considérables accordées aux industries, aux entreprises et aux consommateurs pour stimuler les investissements. Nous connaissons tous les aides à l’achat de voitures électriques, mais les États-Unis vont bien plus loin. Par exemple, pour bénéficier d’une prime, 90 % des pièces d’une voiture électrique doivent être fabriquées aux États-Unis. Cette incitation a poussé des entreprises telles que Polestar, constructeur automobile suédois, à y délocaliser sa production. De nombreuses entreprises à forte intensité énergétique quittent ainsi l’Europe pour les États-Unis, attirées par des coûts énergétiques plus bas et des subventions plus généreuses. Par rapport à 2019, la construction d’usines a augmenté de 80 % aux États-Unis, tandis qu’elle a diminué de 20 % en Allemagne. Les USA sont en pleine réindustrialisation. L’industrie européenne affiche une croissance de 10 % depuis 2008, celle des États-Unis frôle les 35 %. Cette prospérité économique américaine est inédite dans l’histoire récente. »

 

« Le protectionnisme est plus vivant que jamais. »

Peter De Keyzer : « Avant la Première Guerre Mondiale, nous avons connu la première période de prospérité, fruit de la mondialisation naissante. Le monde était alors un vaste village doté d’une économie mondiale relativement ouverte qui incluait les États-Unis et l’Europe, et excluait encore la Chine. Deux guerres mondiales plus tard, des murs ont été érigés. Mais l’après-1946 a marqué une nouvelle période d’ouverture. Des événements majeurs tels que la création de la communauté européenne, le plan Marshall, l’OTAN, la chute du mur de Berlin, l’introduction d’une monnaie européenne unique et la suppression des barrières commerciales ont façonné cette époque. Nous avons même surpassé le niveau de mondialisation d’avant la Première Guerre Mondiale.

Toutefois, l’ascension fulgurante de la Chine a changé la donne. Nous avons massivement importé des produits chinois et contribué à enrichir le pays. Ce phénomène a suscité une inquiétude croissante en Occident, remettant en question sa position centrale dans le monde. Les États-Unis ont commencé à considérer la Chine comme une menace pour leur propre prospérité, stabilité et sécurité. La combinaison parfaite pour un retour au protectionnisme. Aujourd’hui, plus que jamais, nous protégeons notre économie contre le commerce extérieur et avons ainsi rétabli les barrières qui semblaient appartenir au passé. »

 

« Le réarmement de l’Europe est essentiel. »

Peter De Keyzer : « Avant la guerre en Ukraine, l’Europe jouissait d’une paix relative depuis la chute du mur de Berlin en 1989. Le continent était presque entièrement démilitarisé, avec la suppression du service militaire et une réduction significative des dépenses en matière de défense. Les ressources ainsi libérées, souvent qualifiées de “dividende de la paix”, ont été réaffectées aux systèmes de sécurité sociale et de pension.

Traditionnellement neutres, la Finlande et la Suède ont longtemps refusé toute alliance pour préserver leur statut. Toutefois, le conflit en Ukraine les a incités à adhérer à l’OTAN.

L’OTAN qui demande désormais à ses membres de consacrer 2 % de leur PIB annuel à la défense. Sur ce point, la Belgique accuse un certain retard. En effet, notre pays est à la traîne en matière de préparation militaire, même si le siège de l’OTAN est établi sur notre territoire, tout comme celui de plusieurs institutions européennes. Malgré la présence d’infrastructures stratégiques comme le terminal gazier de Zeebruges et les installations chimiques d’envergure dans le port d’Anvers, nous ne disposons pas de défense aérienne. Si des pilotes kamikazes russes devaient nous attaquer dans un avenir proche, notre seule option serait de compter sur nos alliés, comme l’Allemagne, faute de moyens adéquats pour assurer notre propre sécurité. Cependant, nous prenons progressivement conscience que nous évoluons dans un monde instable, ce qui nous contraint de revoir à la hausse nos investissements dans la défense. »

 

« Payer pour nos émissions de CO² nous incitera à changer notre mode de vie. »

Peter De Keyzer : « La terre ne se réchauffe pas sans raison. Tout ce qui nous a enrichis au cours des 150 dernières années nécessite de l’énergie. Ainsi, au fil des ans, nous avons émis énormément de CO². Cette énergie nous a non seulement enrichis par rapport à nos grands-parents, mais a aussi favorisé notre développement intellectuel et social. La prospérité est étroitement liée à l’énergie, et vice versa.

Puisque nous aspirons à un niveau de vie toujours plus élevé, notre dépendance énergétique ne cessera de croître dans le futur. Le défi majeur consiste à produire de l’énergie tout en réduisant nos émissions de CO². La solution ultime serait de lui attribuer un prix. Cette perspective, bien que progressive, deviendra notre réalité. L’industrie paie déjà pour ses émissions de carbone, et les particuliers suivront. Cela nous incitera à repenser nos modes de vie et à rechercher des alternatives plus durables. La sensibilisation ne sera pas suffisante pour résoudre le problème. »

 

« L’intelligence artificielle augmentera notre prospérité. »

Peter De Keyzer : « Les avancées technologiques ont toujours été porteuses de changements tumultueux dans le passé. Dans les années 1950, l’arrivée des photocopieuses a mis de nombreux dactylographes au chômage. L’introduction du tracteur a également entraîné la disparition de millions d’emplois en Europe. Avec l’émergence de l’intelligence artificielle, une nouvelle vague de pertes d’emplois est à prévoir. Mais cette fois, ce sont les “travailleurs du cerveau” qui risquent d’être touchés. Ce ne sont plus seulement les ouvriers sur le terrain qui sont menacés par l’automatisation, mais aussi les professionnels qualifiés qui voient leurs tâches potentiellement remplacées par des algorithmes. Bien que la crainte de perdre son emploi soit bien présente, les inconvénients ne doivent pas occulter les avantages.

L’intelligence artificielle deviendra une technologie clé pour accroître notre productivité et notre prospérité. Certes, de nombreuses personnes devront réinventer leur métier ou chercher de nouveaux défis professionnels. Cependant, à long terme, elle sera également un moteur de croissance pour la Belgique, générera une activité économique supplémentaire et contribuera à résoudre notre déficit budgétaire. Cette technologie fascinante promet de transformer radicalement nos vies dans les années à venir. »

 

« La Belgique fait face à de grands défis, mais présente un potentiel de croissance. »

Peter De Keyzer : « La Belgique est confrontée à une multitude de défis : réformes structurelles, réduction du déficit budgétaire, investissement dans la défense, gestion du vieillissement de la population… Notre économie est soumise à une forte pression et des choix difficiles s’imposent. Tôt ou tard, il est probable que notre pays ait besoin d’un soutien extérieur, peut-être de la part de la Commission européenne, pour remettre de l’ordre dans ses affaires.

Mais ces défis présentent également d’énormes opportunités de croissance. Si nous parvenons à les gérer efficacement, aucun autre pays ne pourra progresser aussi rapidement que le nôtre.

Derrière chaque challenge se cache une opportunité. Comme le souligne le pasteur américain Charles Swindoll, “la vie, c’est à 10 % ce qui nous arrive et à 90 % la façon dont on y réagit”. Cette citation s’applique parfaitement aux entrepreneurs, qui ont le talent de transformer les obstacles en opportunités. Ne laissons pas les difficultés à venir nous décourager. Malgré les crises, l’optimisme, la créativité et l’innovation triomphent toujours. En tant qu’êtres humains, nous sommes dotés d’une adaptabilité remarquable. Nous l’avons déjà démontré par le passé. Tant que nous gardons confiance en nos capacités, la prospérité suivra naturellement. »

 

Barbara Claeys
Barbara Claeys

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